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Edito de mars 2010
Un meurtrier pardonné

« C’était une vraie traversée de l’enfer » dit Ursula Link, résidente d’un village près de Fribourg (RFA). Elle a du mal à trouver ses mots : « on était comme dans un film d’horreur ». Sa fille Stéphanie vient d’être violée, assassinée et son cadavre mutilé. Avec ses deux copines, elles avaient décidé de fêter l’an 2000 dans la ville voisine. Au petit matin, lors du retour pour venir dans leurs villages respectifs, elles se trompent de bus. Une belle voiture blanche, une Volkswagen, s’arrête sur la place et le conducteur propose de les ramener chez elles, en tout cas les deux copines car, comme sa route ne passe pas par le village de Stéphanie, il ne peut pas la raccompagner… Un certain temps s’écoule et, tout à coup, Stéphanie voit le gentil conducteur revenir pour la raccompagner, elle aussi. Elle monte dans sa voiture mais, deux kilomètres avant son village, le conducteur s’enfonce avec elle dans un chemin forestier isolé…

Tout au long du premier jour de l’an, Ursula Link se fait du mauvais sang pour sa fille qui n’a pas donné de ses nouvelles. C’est la première fois que ça lui arrive. La maman essaie d’appeler sa fille sur son téléphone portable, sans succès. Elle appelle ses copines… Le soir, elle se rend au commissariat de police. Le lendemain, elle apprend qu’un agriculteur a trouvé le cadavre d’une jeune fille dans la forêt… depuis lors, plus rien n’est comme avant pour la mère et pour la plus jeune sœur de Steffi. La maman n’a plus la force de continuer à travailler et la petite sœur développe des problèmes de scolarité. Même si le criminel est arrêté quelques jours après, ce n’est pas une consolation pour la famille endeuillée. Deux ans après le crime, la petite sœur essaie de se suicider et doit ensuite passer du temps dans un service de psychiatrie. Par peur de faire des cauchemars, mère et fille couchent dans le même lit et se réveillent quand même souvent car l’autre a hurlé…

Et pourtant, des amis de leurs filles viennent en aide : chrétiens pentecôtistes, ils donnent des conseils et des coups de main. De plus, le ménage est endetté et la situation semble désespérée. En fait, près de trois ans après le drame, Ursula Link avoue qu’elle n’a plus rien à perdre…

Dans sa détresse, elle décide de se tourner vers Dieu avec sa fille. Petit à petit, le désir de vivre revient : elle se remet à travailler. Timidement, Ursula se rend ensuite aux réunions de l’église mais, pendant longtemps, refuse le contact personnel avec les chrétiens. Cependant, un an plus tard, elle se fait baptiser. Sa fille passe aussi par les eaux du baptême et fait ensuite ses études d’infirmière.

Une question pour la maman : «  est-ce que ma fille disparue est auprès de Dieu ? ». Un jour, elle a comme une vision de sa fille qui lui apparaît heureuse et apaisée. Dans les affaires personnelles de Steffi, elle trouve un Nouveau Testament des « Gédéons » dans lequel elle voit la signature de sa fille, âgée à l’époque de 11 ans, juste sous la prière de conversion imprimée dans le livre. La maman est rassurée mais elle veut aller plus loin. Elle s’oriente vers une église pentecôtiste qui travaille en prison, à Fribourg, avec l’organisme « la Croix Noire ». « Délinquants, criminels, meurtriers… sans distinction, je peux maintenant les voir avec les yeux de Jésus » dit-elle. Il y a même un amour pour eux dans son cœur. Et aussi le désir de rencontrer un jour l’assassin de sa fille… Elle n’en est plus effrayée. Lors du jugement, au tribunal, elle l’a d’ailleurs déjà vu. Elle sait qu’elle doit lui pardonner…

Au début 2009, Ursula apprend que le meurtrier/détenu est atteint d’une maladie incurable. Elle fait alors une demande pour aller le voir mais le juge et la femme du criminel refusent, pas très rassurés quand à la réaction de la mère qui pourrait vouloir venger sa fille…

Finalement, elle obtient l’autorisation d’une rencontre qui aura lieu en présence de l’aumônier, d’une éducatrice et de la femme du meurtrier. La mère de Steffi serre la main au criminel en fin de vie, lui disant comme Jésus lui a donné à elle une nouvelle vie et comment Dieu lui pardonnerait également s’il confessait son péché. Alors de façon inattendue, l’homme demande à Ursula, à la mère de la fille qu’il a assassinée, de prier avec lui. Elle l’accompagne dans une prière de conversion et il répète les mots de la prière… il veut changer… il veut accepter Jésus-Christ dans sa vie. « C’était un immense moment de sainteté. On pouvait sentir la présence de la gloire de Dieu » dira Ursula. L’éducatrice présente était tellement impressionnée qu’elle a dit, elle aussi, le « oui » de conversion lors de la prière. Ils se sont ensuite tous donné la main pour prier  le « Notre Père ». Quinze jours plus tard, le prisonnier est décédé : un pêcheur gracié par Dieu. Ursula Link confesse :l « combien la paix que Dieu nous donne est réelle, puissante et magnifique.

Klaus Roesler
IDEA Spektrum
Traduction : Rose-Marie Erb
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